Chailland et les hommes

A 11 kms d'Ernée, Chailland est un charmant chef-lieu de canton édifié à proximité de l'immense forêt de Mayenne et un peu à l'écart de la route reliant Laval à Ernée. Dans la vallée de l'Ernée- une vallée dominée par des escarpements rocheux - Chailland compose un site des plus pittoresques.
On signale cet endroit comme un lieu très ancien. Coagland a pu être un lieu privilégié de peuplement de nos lointains ancêtres ; des haches et autres objets divers , en pierre en bronze , furent mis au jour à la Haute Chaunière, à la Gigoulais et à Clivoy. Bien plus tard  les Celtes puis les Gaulois vinrent à leur tour vivre dans cette région où ils laissèrent des traces de leur séjour.
Chailland est mentionnée vers 1085, au cartulaire du Ronceray d'Angers, sous le nom de A. de Caagland. Puis la paroisse s'est appelée Chaagland en 1212 et Notre Dame de Chailland au XVII ème siècle. On y dénombre aujourd'hui 1171 habitants contre 1349 en 1726, 2583 en 1841, 1902 en 1891,1728 en 1898.
On connaît une famille de Chailland - ou du moins deux personnages qui portèrent ce nom : Jean de Chailland (1391) et Jean de Chailland, mari de Guyonne Le Chat  (1454)
Qui étaient également seigneurs de Gresse en la Chapelle-Anthenaise et de Chailland.
Le 30 décembre 1530, le sire de Froulay offrait au chapître du Mans, la possibilité de luivendre son fief de Chailland et quelques domaines situés sur ses terres de Montenay.
Christophe de Chauvigné dut cautionner pour le vendeur qui se trouvait emprisonné à Paris(1531).Mais finalement la vente n'eut pas lieu !
Plus tard en 1628 Gilles de Grasménil, seigneur du Boisbelin, vendait sa terre et sa seigneurie de Chailland au Sire de Clivoy. Il en fit le retrait pour la revendre à Charles du Matz, marquis de Brossay, en 1635. A cette occasion René d'Orcisse, seigneur de Villeneuve, prétendit que « le droit de fondation et d'augmentation de l'église » lui appartenait ; il voulut s'opposer à ce que "l'acheteur s'attribuât les honneurs et marques de patron " et il veilla tout particulièrement à faire peindre ses armes  et ses titres autour de l'église. Mais les du Matz du Brossay n'en restèrent pas moins les seigneurs de la paroisse.
Jean-Baptiste-Anne de Caradeuc, domicilié à Betton, dans le diocèse de Rennes, devint seigneur de Chailland à la suite de son mariage avec Madeleine -Rose de Goyon, le 23 Novembre 1759.Madeleine-Rose avait hérité de ce domaine de Vincente-Clarisse du Matz. Après le décès de la dame de Chailland, on apposa les scellés sur la maison qu'elle habitait dans la paroisse en 1783.
La famille de Chailland, une famille d'écuyers, fut au XV ème siècle, seigneur de Chailland, de Gresse, des Etoyères en Saint Cénéré, de la Rimmonière et de l'Echardière en Louverné.
Au cours de son histoire, cette localité souffrit des ravages des guerres à la fin du XVIème siècle. Elle connut une épidémie de dysenterie et de fièvre maligne qui fit 150 malades et 50 morts en 1770.
Dans leurs cahiers de Doléances de 1789, les habitants réclamaient le partage des landes communes....sans la participation des seigneurs. Ils demandaient la liberté de pêcher et de chasser librement et celle de détruire les bêtes nuisibles ; ils voulaient également que toutes les dîmes soient attribuées aux curés ou aux bureaux de charité et, pour terminer, ils obligeaient les directeurs des forges à avoir la responsabilité de réparer les chemins et tous les dommages causés par leurs ouvriers et leurs chevaux.
En novembre 1791, les élections occasionnèrent de graves désordres ; on dut les recommencer sous la présidence de commissaires envoyés de Laval. En mai 1792, les révolutionnaires régnaient en maîtres sur la région ; ils demandaient l'internement du curé et des deux vicaires puis ils désarmèrent des « honnêtes gens dont je suis du nombre» écrit Mr Foucault directeur des forges le 8 septembre 1792. Le 8 février 1793, une émeute éclata, une émeute imputée à la cherté des grains. En 1795 les Chouans dominent le pays. A l'arrivée des Vendéens à Laval, 150 hommes au nombre desquels on découvrait Jean Chouan, se trouvaient réunis dans la commune. Les Vendéens la traversèrent en « empruntant » 1000 livres dans la caisse du percepteur.

Les acquéreurs de biens nationaux sont rançonnés, le « may » l'arbre de la liberté est abattu le 6 mars et le bourg se voit imposer une garnison qui vit sur le pays. Palicot-Dupont administrateur de la commune est tué par les chouans le 12 avril. La commune organise une garde soldée pour exempter les jeunes gens de la première réquisition fin 1795.
En 1797 le culte est rétabli avec quelques publicités, mais défense est faite de faire sonner les cloches. L'alarme est des plus vives dans la dernière phase de cette guerre civile du 27 septembre 1799 au 14 février 1800, le cantonnement obtint l'autorisation de rester à son poste mais il réclamait des munitions.

Lorsque le chemin de fer commença à sillonner notre département, la ligne Laval-Landivy traversait Chailland et la gare fut construite à proximité du bourg. Au début de l'exploitation de cette ligne on note un accident grave qui s'est produit sur une pente assez raide  près de la localité. Cet accident fit deux morts et trois blessés graves.

Le territoire  de Chailland s'étale sur une superficie de 3511 hectares, il ne présente aucune altitude supérieure à 160 mètres, il recèle cependant des accidents et des aspects qui composent des paysages des plus variés. L'Ernée qui le traverse du Nord au Sud, a creusé sur tout son parcours une vallée profonde et sinueuse dominée par des escarpements rocheux. Parmi ces rochers, composés de grès armoricains, ceux de la Vierge et du Calvaire attirent de nombreux promeneurs amoureux d'une nature sauvage.

En 1696, ce territoire comptait 19 métairies qui produisaient du seigle, de l'avoine et du sarrasin. En 1789, les habitants firent une peinture des plus sombres de leurs terres : « la Paroisse est en très mauvais fonds, garnie de fougères et de bruyères, parsemées de landes de montagnes, de pierres de rochers de formes prodigieuses. On y compte jusqu'à 1200 journaux de mauvais taillis, 1100 journaux de landes particulières et 4 à 500 journaux de landes communes. La chaleur en été fait périr les semences sur les montagnes, le froid et les eaux détruisent les ensemencées dans les vallons. Les gorges des montagnes étant fort étroites, les parties préasses sont de faible étendue et le foin fort rare ; on ne peut donc avoir que des bestiaux nécessaire au labourage. Il ne se fait aucune espèce de commerce. Pour comble de malheur 5 à 600 forgerons sont autant de sangsues qui portent la disette partout ; ils ravagent les jardins et les vergers en plein jour et à main armée ; ils ne font pas de difficulté de garder à bâton planté quinze à vingt chevaux dans un pré, même la veille de la fauche, ou dans un champs d'avoine ou de trèfle. »

De nos jours Chailland arbore de beaux pâturages, ses agriculteurs s'adonnent à la polyculture et élèvent bovins et porcins.

 

Les fermiers généraux du Duché de Mayenne :

1666 Pierre de Trois-Verlets, sieur de Coulonges, époux de Marie Richard
1673 Pierre de Champagné,conseiller du Roi,
1700 Jacques Tréton de Fiefgirard,
1701 François Rogeau, bourgeois de Paris,
1717 René Leroyer, sieur du Chalonge,
1735 François Compain, bourgeois de Paris,
1745 Jean-Claude Girard, bourgeois de Paris,
1761 Antoine-François Sanlaville, bourgeois de Paris,
1769 Jacques-François Patou, maître des forges de la Roche Mabille,
1783 Marie-Jacquine-Renée Pinchinat , épouse d'Adrien-Louis Lecomte,
1790 Martin de Ligonnière,

 

propulsé par E-majine - SEO - referencement